Gazette
Jacques et François PORTEFAIXla Bête du Gévaudan
Jacques PORTEFAIX, cousin du prêtre de Franconville François PORTEFAIX, reposa à Franconville.
Par son courage, il s’est illustré dans un fait divers, face à la Bête du Gévaudan, sa vie en a été changée !
Le Journal de François n'a pas l'habitude de relater les faits divers, mais impossible de faire autrement pour évoquer Jacques Portefaix, mort à Franconville en 1785. En effet, il a connu la célébrité en combattant la fameuse "Bête du Gévaudan" !
Reprise ci dessous, de l’article publié le 21 mars 2021 :
Jacques Portefaix repose à Franconville :
son courage face à la Bête du Gévaudan a changé sa vie !
Tout le monde a déjà entendu parler de la Bête du Gévaudan qui a semé la terreur, auprès des habitants de Lozère entre 1764 et 1767. Pendant trois ans, le journal local ("Courrier d'Avignon") mais aussi le national ("Gazette de France de France ") ont tenu en haleine leurs lecteurs en narrant toutes les attaques de l'animal, les révélations concernant cette bête qui serait un loup, un loup-garou ou bien même un tueur en série ! Rumeurs et fausses informations ont rapidement circulé ! Même à l'étranger, certains journaux ont relaté cette traque de la bête.
Cela se terminera en 1767 lorsque la bête – un loup – fut finalement abattu par un paysan, Jean Chastel qui a reçu une gratification bien méritée. La Bête du Gévaudan sera même transportée ensuite à Paris pour la présenter au roi Louis XV.

Depuis cette date, de nombreux livres ont été publiés sur cet événement qui a inspiré de très nombreux auteurs et une série Netflix est même en préparation !
Après ce long préambule nécessaire, revenons àJacques Portefaix ! A l'âge de 13 ans, il était en compagnie de ses copains lorsque le groupe a été attaqué par la Bête du Gévaudan dans la commune du Villaret, en Haute-Loire. L'animal a pris dans sa gueule le bras d'un de ses copains.
« Un des enfants suggère de prendre la fuite pendant que l'animal est occupé, mais le jeune Jacques André Portefaix les incite à secourir leur compagnon. Ralentie par la nature du terrain, la Bête est rejointe par les enfants qui tentent de l'atteindre aux yeux à l'aide de lames fixées sur leurs bâtons. Portefaix et ses amis parviennent à lui faire lâcher prise et à le tenir à distance. À l'arrivée d'un ou plusieurs hommes alertés par les cris, la Bête s'enfuit dans un bois voisin » indique-t-on sur la page Wikipédia consacrée à la Bête du Gévaudan.
Sa bravoure sera alors récompensée par Louis XVqui va prendre en charge financièrement son éducation. Fils d'agriculteur, il bénéficiera donc d'un coup de pouce royal ! Ainsi Jacques est admis chez les Frères de la Doctrine Chrétienne ou Frères Ignorantins, de Montpellier puis intégrera à 17 ans l'école du Corps Royal d'artillerie. Par la suite, il deviendra lieutenant sous le nom de Jacques Villaret et effectuera la majeure partie de sa carrière à Besançon.
En 1780, il devait rejoindre les États-Unis afin de se joindre à l'armée américaine qui luttait pour son indépendance face à la couronne britannique mais sa compagnie restera au Havre.
Après cette vie bien remplie, c'est à Franconville qu'il terminera sa vie.En effet, il rejoint en 1785 son cousin curé à la paroisse Sainte Marie-Madeleine pour quelques jours de repos. C'est là qu'il tombera malade.
Sur le blog "betedugevaudantruehistory", sa fin de vie à Franconville nous est révélée :
« Le 12 août, en pleine possession de ses moyens intellectuels, pouvant encore bien penser et écrire, mais sentant sa fin proche, il fit venir plusieurs témoins accompagnés du notaire Guillaume Robert Bouju afin de leur communiquer ses dernières volontés et de rédiger son testament. Par ce biais, il léguait ses maigres biens (il mourrait pauvre, tout aussi pauvre que lorsqu'il était petit berger en Margeride) à son frère Jean-Joseph Portefaix qui avait bien mieux réussi que lui puisqu'il était bourgeois à Paris et vivait rue de Grenelle-Saint-Honoré au n°20, à l'Hôtel de l'Empereur d'Allemagne. Ce quartier était proche du Louvre et cette rue était comme par hasard particulièrement connue d'une certaine élite de la société de Franconville-la-Garenne. On y trouva bon nombre de célébrités comme Jean-Jacques Rousseau (protégé au Temple par le Grand Maître, le Prince de Conti, duc de Mercoeur en Gévaudan) qui vécut aussi un temps à Montmorency, non loin de Franconville, et qui était aussi l'une des relations du fantasque comte d'Albon (descendant direct des grands dignitaires de l'Ordre du Temple), impérialement installé Franconville-la-Garenne.
Le 14 août 1785, Jacques Portefaix du Villeret de Chanaleilles, est donc décédé dans la chambre du second étage du presbytère de la paroisse Sainte Marie-Madeleine de Franconville. Il fut inhumé le lendemain dans le petit cimetière tout proche de l'église, qui n’existe plus de nos jours. »
Jacques Portefaix repose donc à Franconville après une vie marquée par cet épisode de jeunesse avec la Bête du Gévaudan.
Site Journal de François https://www.journaldefrancois.fr/
- La biographie complète de Jacques Portefaix
- Page Wikipédia consacrée à la Bête du Gévaudan
Promenade sur la colline de Franconville par Aldo Salvador

Cette promenade se propose de faire découvrir différents aspects de la colline de Franconville souvent ignorés.
(Vous pourrez suivre l'avancement de la promenade sur la carte en cliquant sur ce petit logo pour chaque position indiquée.)
Il s'agit d'un circuit de "promenade-découverte" à travers ce grand espace naturel situé entre l'autoroute A15 et le sommet de la colline : "Espace-vert protégé" et géré par l'A.E.V (Agence des Espaces Verts)
Le départ de ce circuit se situe au croisement du Chemin des Cotillons et du Chemin des Regards, aux panneaux d'information" de l'A.E.V. (face aux jardins communaux de Franconville)
C'est donc à partir de cet endroit, situé au pied du "vallon des Cotillons" que l'on peut, gravir, sillonner et découvrir ce vaste "Espace vert" jusqu'au sommet de cette colline que les anciens nommaient à juste titre "la Montagne" de Cormeilles en Parisis (*) et dont le sommet culmine à plus de 170 mètres.
(*) montagne : "Relief important du sol s'élevant à une grande hauteur" (Dic. Hachette), "Importante élévation de terrain" (Dic. Robert)
D'ailleurs, le terme "montagne" figurait comme lieudit sur les cartes et plusieurs établissements portaient cette désignation comme l'ancien "Sanatorium La Montagne" avant la guerre et de nos jours encore : Le "Restaurant La Montagne" et le "C.A.T la Montagne", situés sur la route stratégique de Cormeilles en Parisis.
Afin de brosser un bref tableau de ce vaste terrain d'exploration et d'aventure, voici quelques informations à la fois géologiques, préhistoriques et historiques sur ce site (Source : Le livre "En passant par Franconville la Garenne" conduit par M. Henri Bertin (1986).
" Il y a environ 45 millions d'années, la vallée où se trouve Franconville s'est retrouvée au cours des âges géologiques, périodiquement envahie par la montée du niveau des océans due à différentes phases de réchauffement climatique.
Toute la vallée s'était transformée en un golfe de mer tropicale et Franconville se trouvait sous environ 20 mètres d'eau. Plusieurs fossiles de coraux, de coquillages et des dents de requins ont été retrouvés lors de fouilles dans la région..."
"...Beaucoup plus proches de nous (il y a environ 200.000 ans), des premières traces de présence humaine ont été retrouvées dans la région (silex taillés, poteries etc.)
La vallée était alors recouverte d'un paysage boisé plutôt ingrat, entrecoupé de marécages ou de vasières et ces premiers hommes habitaient sur les hauteurs. Ils ont laissé peu de traces de leur présence parmi les mammouths, les ours et les hyènes qui peuplaient cette région inhospitalière, balayée par des vents glacials et réguliers..."
Sur le plan géologique notre colline est composée de différentes strates de matériaux qui se sont déposées au fil des temps :
Au sommet de la colline, sous une faible couche de terre végétale où poussent les arbres et autres végétaux, se trouve une couche (de 5 à 10 m d'épaisseur) constituée de limons et argiles à "meulières", pierres très prisées et largement exploitées pour la construction de bâtiments. L'église Sainte-Madeleine de Franconville et autres belles bâtisses de la région en sont encore les témoignages.
Ensuite on trouve une épaisse couche de sable et grès (dit "sable de Fontainebleau") de 20 à 30 m d'épaisseur employé surtout comme remblai pour la construction des routes dans la région. Puis une couche de marnes (très imperméables) de 6 à 7 mètres d'épaisseur, où les eaux infiltrées à travers le sable étaient arrêtées et ne pouvaient s'évacuer que par les nombreuses sources s'échappant des flancs de la colline.
Plus profondément encore, une couche de calcaire (5 m) puis plusieurs couches de différentes marnes (25 m), puis trois "masses" de gypse de respectivement 17 m, 7 m et 2 m d'épaisseurs, exploitées actuellement par Placoplâtre (filiale St
Gobain) pour la fabrication de plâtre dans leur usine située sur place.
Cette carrière serait la plus vaste carrière de gypse à ciel ouvert d'Europe (350.000 tonnes de gypse extrait par an). L'exploitation se poursuit actuellement mais de façon souterraine.
Depuis son origine (1822), cette carrière a été exploitée par plusieurs générations de la famille Lambert, d'où son nom de "carrière Lambert" très connu dans la région.
Après ces quelques informations générales et après avoir évalué d'un regard averti le sommet de la "montagne", qui nous domine, son "ascension" peut commencer... au rythme du "pas lent du montagnard".
Au départ, le Chemin des Cotillons grimpe en pente douce, le long du "vallon" qui porte son nom, longeant sur sa gauche les "Jardins familiaux" de Franconville avec leurs petits chalets de bois et de l'autre côté une plantation de jeunes cerisiers (cerises de Montmorency).
Puis plus loin sur la droite, sur une vaste parcelle à flanc de coteau, les silhouettes alignées d'innombrables noyers se profilent au milieu des hautes herbes, côtoyés par des plantations de pommiers et autres arbres fruitiers.
Tous ces arbres ont été plantés par l'A.E.V pour rappeler sans doute l'activité agricole très dense de cette colline, dont la vocation était principalement tournée vers le maraîchage et les productions fruitières : Pommes, poires, prunes, cerises, pêches, sans oublier... la vigne.
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| Aux champs | Le chemin du Clos | Dans les vergers |
Puis, dans sa portion finale, le Chemin des Cotillons se cabrant brusquement, le circuit emprunte à droite (3ème bloc de pierre) et au pied d'un beau néflier une variante plus douce. Le chemin grimpe alors en serpentant au milieu des hautes herbes à travers une plantation de pommiers et de pruniers pour arriver là haut en lisière de bois d'où on peut déjà découvrir à travers les noyers une belle vue plongeante sur la vallée
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Ensuite, décrivant une légère courbe vers la gauche, le chemin s'enfonce à travers bois, sous le couvert bienfaisant de grands châtaigniers où il progresse lentement vers le sommet.
Bientôt, un grand puits de lumière apparaît à travers les feuillages, indiquant son arrivée sur le "le chemin des Crêtes", large allée qui serpente sur le plateau au sommet de la colline, à plus de 170 mètres d'altitude !
Depuis ce point élevé et derrière le cimetière de Cormeilles, une trouée entre des arbres offre un beau panorama sur toute la vallée, avec une vue plongeante sur Franconville, Sannois, Ermont, situées à nos pieds et en face, Saint-Leu, Saint-Prix, Andilly et toute la colline de Montmorency un peu plus haute que la nôtre avec le manteau sombre de sa forêt qui ferme l'horizon.
En bordure de cette grande allée et en contrebas sur la gauche, derrière une simple clôture grillagée, les vestiges toujours présents d'une ancienne batterie militaire que l'on devine à peine tant les fossés et les bâtiments sont envahis par les lianes et autres végétations sauvages : C'est l'ancienne "Batterie des Cotillons".
Il faut rappeler à ce sujet, que suite à "l'invasion éclair" des Prussiens sur Paris en 1870, cette colline, par son emplacement hautement stratégique a été rapidement dotée par les gouvernements de l'époque d'un grand nombre d'édifices militaires de défense pour constituer une ceinture de protection autour de Paris, du nom de "camp retranché de Paris".
En plus du Fort de Cormeilles érigé à la hâte de 1874 à 1877 (en cours de restauration et qui se visite) il y avait sur ce plateau et tout le long de la "route stratégique", un véritable chapelet d'édifices militaires.
D'ouest en est, on trouvait successivement le Fort de Cormeilles et les batteries : De la "Borne de marbre", "de Risque-tout", "de l'Étang", "des Cotillons", "du Rond point", "du Château rouge", ainsi que la "Redoute de Franconville" située en haut du Bois des Monts-frais, au bord de l'ancienne route stratégique.
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Une grande bâtisse isolée se dresse à cet endroit, posée à flanc de colline derrière des sapins (c'est la maison forestière de l'A.E.V). Plus haut et sur la gauche, à la lisière du bois des Rinvals, on devine à travers les feuillages la silhouette d'une plate-forme cimentée...
Après une courte "grimpette" par un étroit sentier escarpé, on accède avec surprise à cet endroit élevé et très dégagé, totalement inattendu et unique dans la région :
Le "Belvédère des Rinvals", aménagé sur le terrain de tennis d'une ancienne propriété aujourd'hui disparue.
Depuis cette "terrasse" ensoleillée, idéalement située en balcon et agrémentée de bancs, de sièges en rondins et "d'arbres à livres", on peut se reposer, se distraire ou se cultiver et jouir d'un panorama unique sur toute la vallée, avec Franconville à nos pieds.
Après cette petite halte et quelques belles photos "panoramiques", on peut redescendre en serpentant dans les hautes herbes entre d'antiques arbres fruitiers (cerisiers, noyers,...) et quelques buissons d'églantiers, d'un ancien verger abandonné, (celui de : "M. Herriot et de ses ruches") pour rejoindre la clairière en contrebas.

Le circuit emprunte ensuite la Sente des Rinvals qui descend en longeant sur la gauche l'ancienne propriété (où siège actuellement l'A.E.V.) jusqu'à venir croiser le Chemin des Rommes.
Autrefois, la Sente des Rinvals se prolongeait tout droit vers le bas, par le chemin du même nom jusqu'à la Place Saint-Marc (et sa source réputée) au bord de la rue de Paris (RN 14) avant d'être coupée par l'autoroute.
Quant à l'ancienne "Source des Rinvals" (perdue au milieu du bois) celle qui alimentait la vaste pièce d'eau de la propriété du Comte d'Albon (1753-1789), elle a disparu vers 1960, se trouvant par malchance sur le tracé de l'A15...comme la "Fontaine Saint-Marc" qui a subi le même sort.
La promenade se poursuit ensuite sur la droite en empruntant la portion du Chemin des Rommes qui se rapproche de l'autoroute.
C'est sans doute à proximité de ce lieu (d'après une carte de 1785) que se trouvait "le Chaslée" (entouré en rouge sur la carte), petit hameau de "chalets suisses", une des nombreuses "curiosités" que le Comte d'Albon avait fait construire dans ses jardins qui s'étendaient du bas de Franconville jusqu'au sommet de la "Montagne", suivant un plan topographique de 1784.
C
et endroit étant très proche de l'autoroute et de ses nuisances sonores, on peut s'en éloigner pour retrouver le calme de la forêt, en empruntant un petit sentier sur la droite qui contourne une imposante cépée de laurier. Il traverse d'un côté un ancien verger de pruniers (des quetschiers) et de l'autre une rangée de vénérables cerisiers (bigarreaux) aux ramures sombres et torturées.
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Le sentier s'enfonce ensuite dans la forêt, et se faufile entre noisetiers, charmes, acacias... et ronciers, pour rejoindre à nouveau le Chemin de Cormeilles bordé à cet endroit de hauts talus et de châtaigniers, où un peu plus bas se trouvait une Sablière. |
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Depuis le Chemin de Cormeilles où nous étions revenus tout à l'heure et juste en face, la "Sente des Cotillons" poursuit la promenade à flanc de colline et en balcon, d'où l'on (avait !) une très belle vue sur la vallée...avant que la végétation ne reprenne aujourd'hui ses droits !
Le chemin dévale ensuite le coteau vers la gauche, sur une pente herbeuse à travers d'anciens vergers de pommiers et de pruniers et longe une haie d'aubépines, de prunelliers, d'églantiers, de cornouillers et autres arbustes sauvages. Il se déroule ensuite en empruntant une pelouse en friche parsemée au fil des saisons d'un cortège ininterrompu de fleurs des champs: Pois de senteurs, marjolaine, verges d'or, tanaisie, millepertuis et autres fleurs sauvages... pour passer enfin au pied d'un grand cerisier "hors d'âge" à la silhouette imposante.
Après a
voir traversé le tunnel de verdure d'un bosquet de noisetiers, le sentier débouche soudain dans une clairière où nous accueille la "Fontaine des Cotillons" et son grand bassin de pierre. Quelques pas plus bas et au bord du Chemin des Regards, une charmante petite mare, cachée derrière un rideau de plantes aquatiques, sommeille paisiblement à l'ombre protectrice de deux grands saules-pleureurs.
Cette mare est alimentée par unepetite rigole où s'écoule le mince filet d'eau d'une source sortant d'une niche en pierre située un peu plus haut. Au printemps, cette mare est très fréquentée par de nombreux batraciens qui viennent s'y se reproduire, dont une espèce protégée très rare dans la région, le fameux "crapaud calamite".
Ce crapaud a en effet la curieuse habitude de se reposer au sol dans la journée en se cachant dans des petits terriers, sous des pierres ou des touffes d'herbe et de se déplacer la nuit pour chasser ses proies, non pas en sautant comme la plupart des crapauds... mais en trottinant !
Enfin, pour terminer agréablement cette promenade, pourquoi ne pas faire une halte reposante et bucolique sur le rebord accueillant de la fontaine,en écoutant le bruit de l'eau qui coule ? Ce pourrait être une bonne idée avant de boucler ce circuit dont le point d'arrivée n'est plus qu'à quelques pas.
Cette randonnée bucolique sur la "Montagne de Franconville" se termine donc à cet endroit et comme le disait si bien Jean FERRAT dans sa chanson :
| "Pourtant, que la montagne est belle..." | |||
| au printemps... | en été... | en automne... | et en hiver ! |
C'est bien vrai ! Et en plus, elle est belle en toutes saisons...
Les abeilles de Monsieur Herriot par Aldo Salvador
Souvenirs d'enfance des années 1950 sur la colline de Franconville
Sur la colline de Franconville et en lisière du bois de Cormeilles, un immense verger côtoie la propriété où nous habitons. Depuis la cour située derrière notre maison, une simple clôture grillagée nous sépare de ce vaste espace planté d'arbres fruitiers. Partant de son point le plus élevé de la colline, ce verger la dévale en pente raide jusqu'à la haie d'aubépine qui le sépare d'une clairière située en contrebas. La sente des Rinvals, encore "carrossable" à cet endroit, devient ensuite un simple chemin forestier qui grimpe tout droit vers la colline en traversant un épais bois d'acacias et de châtaigniers pour déboucher en pleine lumière sur le "plateau" de Cormeilles.
Ce grand verger excite notre gourmandise d'enfants par les fruits délicieux qu'il offre en toutes saisons et qui ne demandent qu'à être dévorés (des
yeux !). Un enchantement pour la vue, mais un supplice de Tantale pour nous !
De gros abricots orangés mûrs à point et parfumés à souhait, des pêches charnues et juteuses pour se désaltérer, des bouquets de cerises à en faire
ployer les branches, des pommes rouges et jaunes prêtes à croquer, des branchées entières de mirabelles dorées, sucrées comme le miel.
Ah ! Que nous aurions aimé être des petits oiseaux !…
D'ailleurs en parlant de miel, nous avons remarqué cet après-midi une silhouette "étrange" sur les hauteurs du verger, autour des ruches regroupées à cet endroit. Il y en a bien une dizaine en tout, orientées vers la pente et les premiers rayons du soleil, comme les mazots d'un petit hameau savoyard.
Déambulant avec précaution, un homme curieusement vêtu s'affaire autour des ruches avec des instruments bizarres qui attirent de loin notre attention. C'est Monsieur Herriot, le propriétaire de ce grand verger. On le voit souvent venir à la belle saison pour cueillir ses fruits, entretenir ses arbres et récolter son miel.
Qui est-il ? Où habite-t-il ? On n'en sait rien ! On ne connaît de lui que son nom.
Monsieur Herriot est un monsieur très discret qui ne parle pas beaucoup, juste un "petit bonjour" par politesse en passant, quand il nous croise par hasard sur son chemin. On pense qu'il doit venir du bas de Franconville ? Ou peut-être d'ailleurs ? Il grimpe jusqu'à son verger en poussant un vieux vélo derrière lequel est toujours attelée une remorque à deux roues, encombrée d'outils bizarres…
De loin et à travers le grillage qui nous sépare de son verger, on le voit se déplacer de ruche en ruche, vêtu d'un curieux accoutrement : Il porte une combinaison blanche, des bottes, des gants jusqu'aux coudes, et un casque à large bord sur lequel est fixé une moustiquaire qui entoure sa tête et retombe largement sur les épaules.
Il tient un ustensile bizarre en forme de cafetière à bec pointu d'où s'échappe par bouffées une fumée blanche qu'il dirige vers les ruches. Ses gestes sont lents, précis et lui donnent une démarche de pantin articulé…au ralenti.
Par moments, il dépose son "enfumoir" pour extraire délicatement des plaques de la ruche qu'il examine minutieusement. Ensuite, avec un outil en forme de lame, manipulé avec précaution, il les racle une à une soigneusement pour en récupérer le miel doré qui s'écoule lentement dans d'un récipient en métal.
Après avoir répété méthodiquement cette opération sur toutes les ruches, il quitte ses "vêtements d'apiculteur", les replie soigneusement et retrouve ainsi une apparence normale. Il place alors son récipient empli du précieux liquide dans sa remorque et le cale avec soin, en le fixant solidement pour qu'il ne verse pas.
Puis, visiblement satisfait du travail accompli et de sa bonne récolte de miel, il grimpe d'un pas tranquille à travers les hautes herbes jusqu'au sommet de son verger. Depuis ce "belvédère" à la vue imprenable il promène son regard à la ronde pour admirer le paysage et apprécier d'un air comblé le vaste panorama qui s'étend à perte de vue, depuis la vallée de Franconville située en contrebas, jusqu'à la colline de Montmorency en face, qui ferme l'horizon devant lui.
S'accordant une petite halte bien méritée pour sans doute reprendre son souffle après cette grimpette éprouvante, Monsieur Herriot redescend lentement, passant d'arbre en arbre comme pour les saluer, examinant les troncs et leurs écorces, écartant ici ou là quelques branches mortes tombées à terre et évaluant au passage la maturité de ses fruits en vue d'une prochaine récolte. Observations anodines en apparence mais sans doute très utiles à cet homme averti pour prévoir les futurs travaux dans son verger.
Puis, Monsieur Herriot quitte son domaine en refermant soigneusement le vieux portail en bois derrière lui, sans oublier par prudence, la chaîne et le cadenas.
Enfin, après avoir vérifié la bonne fixation de sa remorque et décrit un large demi-tour dans la clairière avec son attelage, il enfourche son vélo pour redescendre prudemment vers la ville, emportant derrière lui sa précieuse récolte dans sa remorque bringuebalante.
Comme tout "étranger suspect" passant dans le quartier, il est escorté par notre fidèle Toby, qui en chien de garde zélé, accompagne cet équipage improbable jusqu'en bas de la propriété en aboyant copieusement.
Notre voisin Monsieur Constantin, qui est un ancien paysan, habite une petite ferme devant notre propriété. Il aime avant tout la campagne la nature les animaux et aussi les abeilles. Il nous a raconté avoir eu lui aussi plusieurs ruches lorsqu'il était en Italie (avant la guerre).
Alors que nous les enfants, ne connaissions les abeilles qu'à travers leurs piqûres cuisantes, il nous a un jour expliqué combien ces petites bêtes étaient merveilleuses, courageuses et surtout très utiles pour les hommes. Pour le miel bien-sûr, mais aussi et surtout pour les fruits qu'elles nous procurent indirectement grâce à leur pollinisation des arbres fruitiers
Cette explication savante nous a un peu réconciliés avec les abeilles, dont nous avions surtout appris à craindre les piqûres.
Il faut reconnaître que les abeilles de Monsieur Herriot (et les autres) sont des petites ouvrières bien loin d'être paresseuses. Elles ne se bornent pas à la limite de son verger et se soucient bien peu de son portail, de la chaîne et du cadenas. Au printemps et en été, c'est sûrement elles qu'on entend bourdonner en haut des acacias et châtaigniers en fleurs de la forêt toute proche. Mais, elles s'envolent aussi très loin de leurs ruches, pour butiner les fleurs sauvages et celles des vergers environnants qui couvrent une grande partie de la colline.
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Monsieur Herriot en homme averti, sait donc grâce à sa passion pour les abeilles, récolter à la fois du bon miel dans ses ruches et de beaux fruits sur ses arbres. Tous ses voisins qui ont aussi des arbres fruitiers profitent également du travail de ses abeilles, à commencer par Monsieur Boratto, Monsieur Constantin et les nombreux agriculteurs qui possèdent des vergers sur la colline : Cerisiers, pêchers, pruniers, abricotiers, poiriers, pommiers, produisent des fruits réputés en abondance pour être ensuite vendus sur tous les marchés de la région, y compris à Paris et sa banlieue…
LES FILMS TOURNES A FRANCONVILLE
Franconville a été le cadre de plusieurs tournages de films ou de séries télévisées.
TITRES
1985 : À nous les garçons de Michel Lang
1993 : Seconde B de Didier Albert
1993 : La Patinoire de Jean-Philippe Toussaint
1996 : Les Cordier, juge et flic : "Cathy" (saison 4, épisode 1) de Alain Wermus et Alain Page
2002 : Les Cordier, juge et flic série TV d'Alain Page
2004 : Narco de Gilles Lellouche et Tristan Aurouet
2004 : Nathalie... d'Anne Fontaine
2011 : La Lisière de Géraldine Bajard
2016 : Sam série TV de Claire Le Maréchal et Stéphanie Tchou-Cotta
SYNOPSIS
A nous les garçons : Sur fond de lycée parisien, de booms, de vacances, de vie familiale, de canulards et de premiers chagrins, Véronique, la petite fille sage,
et Stéphanie, la délurée, aussi inséparables que dissemblables, vivent devant nos yeux toutes leurs contradictions face à Cyril, qu'elles aiment l'une et l'autre,
face à leurs copains, face aussi à leurs parents, qui par bien des côtés leur ressemblent...
Seconde B : Nadia, Kader, Mickaël, Pauline et Jimmy sont élèves au lycée Rimbaud, situé en banlieue parisienne. Petit groupe très soudé, ils animent la radio du lycée,
Cosmic Radio, et aiment autant s'amuser qu’affronter ensemble les problèmes du quotidien.
La patinoire : L'équipe d'un film tourné pour la télévision fait ses premiers pas sur la glace d'une patinoire qui va servir d'unique décor au tournage.
Elle se rend bien vite compte de la nature éminemment glissante du terrain sur lequel elle se trouve.
Les Cordier juge et flic : Chez les Cordier, la justice est une affaire de famille, le père est commissaire, le fils juge d'instruction, et la fille, journaliste d'investigation.
Tous les trois, ils allient leurs compétences pour venir à bout des différentes affaires qu'ils doivent résoudre.
Narco : Gustave Klopp est narcoleptique. Il s'endort n'importe où, n'importe quand, ses fréquentes crises de sommeil sont aussi brutales qu'inattendues.
Si cette maladie constitue un véritable handicap pour sa vie professionnelle, elle lui permet cependant de vivre, dans ses rêves, des aventures inoubliables.
À peine endormi, Gustave devient Klopp, un super-héros invincible et vengeur... Gus partage sa vie entre Pam, sa femme qui tient une boutique de manucure
et qui rêve à des jours meilleurs, et Lenny Bar, son meilleur ami, karatéka approximatif, disciple inconditionnel de Jean-Claude Vandamme. Ce petit monde
est prédestiné à une vie simple et pépère, dans une petite ville qui sent bon le bonheur et la sérénité. Mais Gus a décidé de "bouger son cul" et entame une
thérapie de groupe. Son psy, Samuel Pupkin, découvre alors que Gus transforme ses rêves en incroyables bandes dessinées...
Nathalie : Deux femmes. L'une est mariée, bourgeoise, active. L'autre est entraîneuse dans un bar de nuit.Catherine paie Marlène pour coucher avec son mari Bernard
qui la trompe. Elle veut qu'elle lui dise tout, tous les détails...Catherine a fait de Marlène Nathalie, celle qui ment. C'est leur secret, leur histoire.
Lalisière : François, jeune médecin fraîchement diplômé, quitte Paris pour s’installer à Beauval, une ville nouvelle, où les pavillons flambant neufs s’alignent avec monotonie.
A peine arrivé, il devient la cible d'un groupe d'adolescents, emmené par le charismatique Cédric. A la lisière de la forêt, le groupe s’adonne à des jeux dangereux,
pour tromper son ennui. Jusqu’au jour où un de leurs jeux de rôles tourne mal…
Sam : Sam est mère célibataire et professeur de français au collège. Ses élèves l'apprécient énormément pour sa franchise et ses idées politiquement incorrectes, mais ses actions
provoquent de nombreuses plaintes et l’indignation des parents...
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Article rédigé par Michèle Joumarin |
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Eugène Léon PORLIER (1863 – 1888) est né à Franconville le 20 septembre 1863, fils d’Etienne Eugène Porlier et de Madeleine Jacquemin.
Son père est menuisier, sa mère cultivatrice issue d’une famille de cultivateurs de ce village.
A cette époque Franconville est encore un village rural de 1207 habitants (selon le recensement 1866) de la vallée de Montmorency avec une école de garçons sise dans les locaux de la mairie-école qui fonctionnera ainsi de 1842 à 1881 avec Monsieur Gille , directeur des garçons du 19/02/1869 au 1/01/1885.
Depuis sa naissance jusqu’à son incorporation dans l’armée en 1884, il réside avec ses parents à diverses adresses à Franconville, toujours rue de Paris.
Il fera le même métier que son père, menuisier, avant d’entrer le 12 décembre 1884 au 43ème Régiment d’infanterie. C’est alors un homme aux cheveux châtain clair et aux yeux bleus pour une taille de 1m67. Toujours dans l’armée active, il entre au régiment de sapeurs pompiers de Paris (qui est la nouvelle dénomination le 8 septembre 1885 du 43ème régiment d’infanterie), où il devient caporal 2ème classe le 22 septembre 1886, puis caporal 1ère classe le 20 septembre 1886, et démobilisable fin 1888.
Mais le 8 avril 1888, le destin en décide autrement.
Un violent incendie s’est déclaré durant la nuit du samedi 7 au dimanche du 8 avril 1888 dans les vieux corps de bâtiments de la gare St Lazare, 15-17 rue d’Amsterdam à Paris, entre l’ancienne entrée des voyageurs de banlieue et la grande porte de sortie des voyageurs grandes lignes, dans la partie non encore atteinte par la pioche des démolisseurs.
Quant aux causes de l’incendie, il semblerait que le feu ait pris suite à la négligence d’un employé qui, en allant chercher des documents aux archives, aurait jeté soit une allumette ou une cigarette allumée sur un tas de vieux papiers.
Les deux logements, occupés dans cette zone par des employés, ont pu être évacués, et les bureaux avoisinants étaient déserts à cette heure.
En quelques minutes, les bâtiments sont devenus un immense foyer dont les flammes étaient visibles de loin. Plusieurs casernes de pompiers, dont celle de la rue Blanche où est affecté Léon Porlier, sont appelées pour circonscrire ce désastre.
L’incendie semblait circonscrit, quand tout à coup, un craquement se fait entendre : c’est un escalier qui s’effondre.
Les malheureux pompiers qui se trouvaient dessus et sur le palier, sont entrainés dans la chute. Il y aura plusieurs blessés et trois d’entre eux seront coincés sous les débris dont le caporal Porlier. Ce dernier, gravement atteint, est emmené à la pharmacie ainsi que le sapeur Pachin également blessé pat un moellon en venant à son secours.
Le lieutenant Colonel Verny, présent sur les lieux, supplie le médecin major de faire tout son possible, mais ce dernier tout en continuant ses efforts, lui répond :
- « Pour moi, ils sont morts »
Le lieutenant Colonel s’approche alors des deux soldats qui râlent, et silencieux leur touche la main, suprême adieu d’un chef.
Suite à leur décès, les deux hommes seront transportés dans l’omnibus de l’état-major, un sur chaque banquette, vers la caser du Vieux Colombier et ensuite transportés dans un corbillard à la chapelle de l’hôpital militaire des Recollets, rue du Faubourg St Martin.
Les obsèques sur Paris auront lieu le vendredi 13 avril 1888 à midi aux frais de cette ville en l’église St Laurent, rue du Faubourg St Martin, lieu de la cérémonie religieuse, à l’issue de laquelle, le cortège s’est dirigé vers la mairie du 10ème arrondissement où a eu lieu la cérémonie civile en présence :
- d’un officier d’ordonnance représentant le président de la république, Mr Sadi Carnot
- Mr Loze, préfet de police de Paris
- Mr Couston, colonel des sapeurs pompiers
- Mr Gaubet, chef de la police municipale
- Mr Darlot, président du conseil municipal de Paris
et de nombreuses personnalités.
Ensuite, le cor
tège s’est dirigé au cimetière Montparnasse vers le caveau réservé aux victimes du devoir, où plusieurs discours ont été prononcés par les personnalités présentes.
A la demande de sa famille, le corps du caporal Porlier a été dirigé aussitôt après la cérémonie sur Franconville où il sera enterré le dimanche 15 avril 1888.
Ce dimanche, toute la population de Franconville le Garenne (sa ville natale) était présente :
Le conseil municipal, les fonctionnaires, diverses sociétés dont pour la plupart des compagnies de sapeurs pompiers, les élèves de l’école des garçons, tous se sont réunis pour ses obsèques.
Le cortège s’est rendu rue de Paris au domicile de sa famille qui suivait le char et conduisait le deuil.
Ensuite, venaient :
Le conseil municipal, Mr Muret, conseiller d’arrondissement, Mr Bourgeois, maire d’Andilly, Mr Godet, maire adjoint de Deuil, les fonctionnaires ainsi qu’une délégation des sapeurs pompiers de Paris avec à sa tête le sergent major Pierson, présent au moment de l’incendie, deux caporaux et huit sapeurs.
De chaque côté du cortège se trouvaient les sapeurs-pompiers de Franconville, Ermont, Eaubonne, Deuil, Montmorency, Enghien, Montlignon, St Prix, St Leu, Pierrelaye, Pontoise, Herblay, Sannois, Cormeilles en Parisis, Montigny, Andilly, Argenteuil, St Gratien, Colombes, Asnières, Taverny, Bessancourt et Gennevilliers.
Le service religieux a été célébré par le curé de la paroisse, Jean-Marie Le Manchec, accompagné par la fanfare et l’orphéon de Franconville. L’ensemble s’est ensuite dirigé vers le cimetière, lieu de la dernière demeure du caporal Léon Porlier auquel Mme Léoty a offert une concession perpétuelle.
Le maire de Franconville Mr Lucas, Mr Muret, Mr Tuboeuf sous-lieutenant des sapeurs pompiers de Franconville, ont fait son éloge. Le jeune Faucon, au nom de ses camarades, lut un discours rédigé par Mr Gilles, leur ancien instituteur.
Pour terminer, un sapeur pompier de Colombes prononça au nom de toutes les compagnies environnantes les dernières paroles d’adieu à Léon Porlier.
Suite au décès, un secours annuel et un viager de 300 francs ont été alloués à ses parents.
Son nom a été inscrit sur la plaque du monument des morts au feu à la caserne Champerret à Paris.






